Entraîner l’invisible 1 : escalade en EPS

Par Marion Bril, Marc Coureau, Damien Della Santa, Dominique Fournet et Xavier Longa

L’entraînement consiste à développer la capacité d’adaptation, c’est à dire à augmenter l’efficience de la boucle perception-action. Il s’agit donc d’améliorer le fonctionnement interne, invisible et naturel de l’athlète.1

La première illustration sur le terrain est présentée par Xavier Longa.

L’escalade en cours d’EPS

Faire cours d’EPS n’est pas entraîner. Bien que les activités proposées en cours d’EPS visent à permettre à chaque élève de progresser, elles s’adressent à un groupe hétérogène. On n’a pas affaire à une équipe d’athlètes qui possèdent des repères et des acquis communs.

Cette réalité se manifeste de manière très visible dans les différences de niveau de performance. En escalade en particulier, certains élèves réussissent sans difficulté et d’autres non, même sur des voies simples.

À partir de ce constat, l’enseignant pourrait tirer des conclusions réductrices. « Si tel élève ne progresse pas, c’est qu’il n’arrive pas à appliquer la technique efficace. »

Mais le plus souvent, ces conclusions se heurtent à une autre réalité visible : certains des élèves qui sont en échec sur une activité sont par ailleurs des sportifs accomplis.

Respecter l’invisible permet de dépasser ce niveau de jugement. En escalade, la préférence motrice de mise en mouvement joue un rôle essentiel.

En « marche par le bas », la boucle perception-action est favorisée par l’utilisation du pouce, de l’index et du majeur. En « marche par le haut », cette organisation se construit sur une prise avec le majeur, l’annulaire et l’auriculaire. La préférence est identique avec les pieds.

Entraîner l’invisible consiste alors à accompagner chaque élève pour faire l’expérience du contraste entre ces deux organisations. Voici quelques exemples de consignes :

  • réaliser la voie avec les trois premiers doigts uniquement, puis avec les trois derniers uniquement ;
  • alterner sur chaque prise les trois premiers doigts et les trois derniers ;
  • alterner toutes les deux prises, toutes les trois prises, au signal , etc.

En terminant l’entraînement par une voie « libre », sans aucune consigne, chaque élève peut vérifier de quelle manière il fonctionne avec la plus grande efficience. En EPS, cette prise de conscience est un objectif central de l’enseignement.

1. Voir notre article précédent, le mesurable et l’invisible.

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